Hanifa et Smaïl du 36 Bonap !

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Photo prise sur leur page Facebook

Pour ma première interview, j’avais très envie d’interroger les propriétaires du 36 Bonap. Cela fait environ quatre ans que je connais cet endroit, qui se situe, lui aussi, dans mon quartier, comme vous l’aurez déjà compris avec le nom du lieu. C’est facile à retenir et ainsi, on ne peut pas oublier l’adresse du 36, rue Bonaparte. Avant, j’y allais de temps en temps, pour manger un burger maison, une salade à composer soi-même avec des produits frais ou un bon couscous préparé par Hanifa en fin de semaine. Et puis, depuis environ deux ans maintenant, c’est devenu ma cantine du mercredi, un lieu où je retrouve quelques amis après le travail, pour décompresser et passer un bon moment.

Je crois que je vais autant dans cet endroit pour sa cuisine simple et familiale que pour ses propriétaires, so nice, et à Nice, ce n’est pas une mince affaire. Vous ne serez pas forcément attiré par cet endroit, vu de l’extérieur. Il n’y a pas de devanture «tape à l’œil». Il ne s’agit pas d’un bar lounge ou d’un restau chic mais juste d’un petit endroit, difficile à définir, entre un snack bar, une petite brasserie ou un café en fonction de l’heure, avec une devanture sobre.

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Mais, une fois entré, c’est tout autre chose, un lieu haut en couleurs et en personnages, avec ses habitués où la promiscuité entraîne des conversations animées. On a un peu l’impression de se retrouver après avoir fait le marché, dans l’unique bistrot de la place de son village. Cela fait vraiment du bien lorsque l’on habite dans une métropole comme Nice.

Alors, voici l’interview de ces premiers Nice People. Après le rush du mercredi midi, je suis retournée en milieu d’après-midi au 36 Bonap pour pouvoir tranquillement discuter avec Smaïl ou plutôt Samy, comme ses clients l’appellent. Il s’est prêté au jeu sans hésitation et avec beaucoup d’entrain :

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De Nice Belle Epoque à nos jours …

De Nice Belle Epoque à nos jours,

De la Réserve au Plongeoir !

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Affiche de Emmanuel Brun, 1892

Si vous êtes là, c’est que vous avez envie de connaître les secrets de ces endroits atypiques et les quelques bizarreries qui y sont attachées.

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En parallèle à l’exposition sur Helmut Newton, je suis aussi allée voir ce que proposait la Galerie du Musée, à seulement quelques pas de là. J’ai pu ainsi découvrir une collection de soixante très jolies photos consacrées à Nice à la Belle Epoque, prises entre 1865 et 1910 par des illustres photographes comme Charles Nègre bien-sûr, photographe éponyme du musée ou Jean Gilletta par exemple. Il semblerait que le début de cette belle époque corresponde au rattachement du comté de Nice à la France, comté qui appartenait aux comtes de Savoie et au Royaume de Sardaigne jusqu’en 1860.

Ces photos m’ont permis de retracer une partie de l’histoire de Nice et d’en découvrir des lieux insoupçonnés,  maintenant disparus.  J’ai pu observer une géographie urbaine en pleine évolution, entre mer et terre,  pêcheurs et baigneurs,  blanchisseuses et flâneuses. En outre, j’ai mieux compris pourquoi l’on parlait de « Belle Epoque » avec des bouleversements tous azimuts:  bouleversement culturel, bouleversement social, bouleversement architectural et économique. Je pourrais vous parler de nombreux endroits et de nombreuses découvertes car chaque photo dévoilait souvent un paysage inconnu, des histoires inattendues, un mystère enfin résolu grâce à des commentaires savoureux. De chaque cliché original pourrait naître un article. Continuer à lire … « De Nice Belle Epoque à nos jours … »

La Réserve

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© MissJam06

Lorsque je suis arrivée à Nice, il y a de cela six ans, je me demandais si il y avait un endroit au calme, pour se balader et profiter de la nature, sans se sentir étouffée par le monde. Je me demandais si il y avait moyen de se ressourcer, de respirer à poumons déployés sans sentir l’odeur des pots d’échappement, sans se sentir agresser par cette cacophonie continue de klaxons, sans avoir l’impression de faire un parcours du combattant, en essayant d’esquiver les personnes allant et venant, comme un chien dans un jeu de quilles.

En bref, était-il possible de passer en quelques minutes du tumulte de la ville à la tranquillité de la campagne sans pour autant prendre sa voiture et tout en restant à Nice ?

Pouvoir flâner à loisir est un luxe qui n’a pas de prix. Rester dans cette torpeur tiède du réveil est si agréable. Je ne croyais pas vraiment que cela soit possible. Nice était plutôt connue pour ses marchés foisonnants, sa population grouillante, ses activités pétaradantes et carnavalesques : Un kaléidoscope de couleurs et de lumières qui peuvent ravir pendant un temps mais aussi, trop éblouir à la longue.

Et puis, au bout de quelques temps, j’entendais souvent parler les niçois de la Réserve. La réserve ? La réserve de quoi ? Y avait-il à Nice un espace naturel préservé ? S’agissait-il d’une réserve d’animaux en voie de disparition ? D’un jardin aux fleurs exceptionnelles ? Ce lieu méconnu était-il réservé à une intelligentsia particulière ?

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« Miroir, miroir, dis-moi qui est la plus belle ? »

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Aubade au miroir, photo prise sur leur page Facebook

Toute femme que nous sommes, ces paroles parlent à la petite fille qui se cache encore en nous. Nous avons été bercées, endormies par la lecture de contes de fées où déjà, la beauté était normalisée voire même standardisée et cela ne date pas d’hier. Il faut remonter aux années 30 avec monsieur Walt Disney. Les premières princesses étaient souvent blondes aux yeux bleus comme dans Cendrillon, Alice au pays des merveilles ou encore La Belle au bois dormant ou bien même la Belle et la Bête. Leur chevelure était longue et soyeuse, leur visage enfantin, leurs yeux avec de jolis cils bien recourbés, une bouche légèrement rosée, un teint très clair, une taille fine et bien-sûr des jeunes filles tout d’abord naïves et sans défense qui avaient besoin d’aide, et en particulier du Prince Charmant pour être sauvées. Étrangement, Blanche Neige, la première, en 1937, avait une chevelure noire comme l’ébène qui contrastait avec sa peau très blanche. Elle ressemblait beaucoup aux stars de Hollywood avec sa bouche d’un rouge gourmand, donnant l’impression qu’elle était toujours maquillée. Elle représentait à la fois le bien et le mal, la naïveté et le péché originel, symbolisé par cette pomme aussi rouge que sa jolie bouche, l’objet défendu, la tentation personnalisée.

Les couleurs claires et pastel évoquaient et évoquent encore maintenant la douceur, la discrétion, l’élégance et le côté angélique de la femme alors que les couleurs foncées ou plus vives étaient assimilées au manque de délicatesse, à la vulgarité et au coté plus sombre et diabolique de l’âme féminine. De nos jours, le rouge par exemple, symbolise toujours l’impertinence, la séduction, la tentation et le noir, le mystère, le deuil ou tout simplement la sobriété en opposition au blanc qui représente la pureté et l’innocence.

Et oui, depuis notre plus tendre enfance, on nous impose un modèle à suivre. Nous baignons dans un univers encore trop souvent stéréotypé et manichéen. Il faut être belle ! Le culte du corps et de l’apparence semblent prévaloir sur le culte de l’intelligence. Néanmoins, on peut constater que les canons de beauté évoluent avec le temps mais aussi en fonction des cultures. J’aime beaucoup l’Atlas de la Beauté de Mihaela Noroc, une photographe Roumaine qui parcourt le monde pour illustrer la diversité de la beauté naturelle des femmes, imprégnées de leur culture. 

http://theatlasofbeauty.com/ 

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@MihaelaNorocPhoto, from The Atlas of Beauty.  « Folk dancer dressed in her performing outfit last year in Harar, Ethiopia »

 

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@MihaelaNorocPhoto, from The Atlas of Beauty. « Maria was shy in front of the camera.  I met her one month ago in the colourful market of Chichicastenango, a small town from Guatemala. »

Vous pouvez aussi suivre son projet en allant sur sa page Facebook où vous pourrez lire ceci: « Beauty is diversity. And I travel the world to discover it. » ou encore son compte Instagram. 

https://www.facebook.com/MihaelaNorocPhoto/

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@MihaelaNorocPhoto, from The Atlas of Beauty.  « Eleonora is from Saint Petersburg, Russia, where I met her last year. She studies ballet at Vaganova Academy, among the world’s most prestigious. »

J’aime bien aussi cette petite vidéo qui résume en 3 minutes, l’évolution des canons de beauté  sur 3000 ans :

http://www.terrafemina.com/forme/bien-etre-beaute/articles/53261-levolution-des-canons-de-beaute-depuis-3000-ans-en-3-minutes.html

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Alors, ça veut dire quoi « être belle » ? Est-ce que cela veut dire ressembler à tout le monde ? Chercher à être dans la norme ? Et la norme, c’est quoi ? Qui l’impose ? Qui la choisit ? Notre société de consommation ? Le gouvernement ? Les entreprises ? Les créateurs de mode ? Les magazines ? Devons-nous toujours rechercher la perfection ? Les proportions idéales ? La symétrie parfaite liée au nombre d’or ? La beauté est-elle universelle ? Naturelle ou artistique ?

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